Ecrire, etc…

Hier soir il m’est arrivé quelque chose de curieux: j’ai eu du mal à m’endormir. Cela en soit ne surprend personne, pas même moi qui m’endors pourtant généralement sans problèmes. Ce qui était curieux c’était plutôt les sentiments et pensées qui accompagnaient mon insomnie-ette. J’étais excitée, anxieuse. Je pensais au plaisir que j’avais eu à écrire, à poster, même si personne ne me lit jamais. Je pensais à toutes les choses sur lesquelles je voudrais écrire: Florence, le zoo, mon infraction involontaire chez les voisins, le travail, comment j’ai passé de 400 à 30 amis sur Facebook sans finalement trop les vexer, Mina mon chien, mon auto surclassement en business class ou la plus grosse honte de ma vie, Lui.

J’ai toujours rêvé d’écrire. C’est drôle je dis cela comme si on m’en avait empêché pendant tout ce temps ou comme si ça aurait dû venir du dehors. ¨J’aimerais bien qu’il fasse beau demain¨. ¨J’espère qu’elle va m’appeler¨. ¨Ce serait top que je gagne au loto¨. ¨J’aimerais tellement écrire¨. No comment.

Au contraire d’un comédien, pour écrire on n’a pas besoin d’audience. Au contraire d’un peintre ou autre artiste visuel on n’a pas besoin de matériel particulier. Et au contraire d’un musicien on n’a pas besoin d’instrument. Bon ça se discute en fait parce que si on pense à ¨Stomp¨ ici à Londres, une poubelle, des jerricanes d’eau, quelques caddies et c’est parti, mais passons. J’ai attendu tous les jours depuis plus d’une décennie, et puis rien. Aucun roman fini avec mon nom en couverture n’a atterri sur mon bureau, aucun éditeur ne m’a appelé pour me demander d’écrire pour eux, et mon dossier ¨Ecrire¨ — diligemment sauvé sur le nuage — est resté désespérément vide. Grosse surprise!

Qu’on s’entende, j’ai toujours écrit: des cartes postales — principalement à mes grand-mères (sisi) — des lettres, mes rêves, mes sentiments quand ils débordent. J’ai fait quelques ateliers d’écriture aussi. Sympas mais le processus d’écriture s’arrêtait généralement pile à la même heure que l’atelier. A l’école j’étais une professionnelle des petits billets passés en douce, avais même passé à la vitesse supérieure et commencé un magazine. Audience: une personne exactement. Un sacré aller retour d’inepties et de petits délires entre amies. Mais quel plaisir et quelles rigolades. Mon expérience d’écriture, jusqu’à mon premier article hier, s’arrêtait là.

J’ai dernièrement lu ¨On writing¨ de S. King, et ¨Bird by bird¨ de A. Lamott. Ce qui est beau, une fois qu’on a le temps, l’espace et les bons conseils, c’est la soudaine réalisation que ça viendra de nous, ou cela ne viendra pas. Ecrire s’est essentiellement s’asseoir et écrire. Ca paraît bête mais c’est toujours bien de reprendre les bases. (on a déjà parlé de la cédille majuscule…)

Et tout à coup, un sentiment d’ultra liberté, un peu comme les paysages de ¨No Country for Old Men¨, sauf sans le tueur fou. J’écris ce que je veux, sur ce que je veux, quand je veux et si je veux. Je fais ce que je veux. C’est beau. C’est bien. C’est comme une portée de bébés chats angoras dans lesquels on se roulerait: c’est chaud, c’est addictif, et c’est tellement réconfortant.

Ce qui est encore plus beau c’est que tout à coup on s’en fout de savoir si ce qu’on écrit est bien. On espère, bien sûr. On espère qu’un jour quelqu’un ou même quelques uns voudront nous lire, c’est chouette de partager. Mais en fait dans le fond c’est égal. La principale personne que l’on se doit d’amuser, de soulager, de soutenir, de stimuler, c’est Soi.

Et c’est exactement ce qui tournait hier soir dans ma tête.

Avant de retourner à ma journée je tiens à préciser qu’aucun bébé angora n’a été blessé pendant l’élaboration de ce texte. Tous, ainsi que leur mère, se portent à merveille et vous embrassent.

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